Avis à tous les dentistes
November 30, 2007 Au Bled 9 CommentsJ’arrive au cabinet dentaire, en forme, en bonne humeur, toute souriante. Je vais faire un détartrage. La dernière fois que j’en ai fais, date de plusieurs années déjà.
Quand c’était mon tour, la dentiste m’a salué, m’a demandé si je vais bien, et toute l’étiquette. Je me demande bien s’elle se rappelle de moi. J’ai bien sûr changé depuis 7 ans, et elle en a vu tellement de têtes, mais je ne peux m’empêcher de me poser cette question.
Tout va bien jusqu’à maintenant, et ma séance détartrage commence.
Petit à petit, alors que la dentiste fait le tour des dents, le truc qu’elle utilise commence à me pincer les gencives. Ça fait mal, je ferme les yeux chaque fois que ça dépasse un peu le degré de douleur que je peux supporter. Walou, elle a pas voulu comprendre.
La dernière fois que je suis venue la voir, elle m’avait dit de lever la main droite si j’ai mal. Cette fois elle m’a rien dit de la sorte. Mon langage des yeux n’a pas été effectif.
Ça recommence à faire mal, trop mal même. Je ne veux pas me comporter comme une gamine, mais j’ai envie de perdre contrôle de ma bouche ze3ma, la fermer soudainement, et mordre la dentiste intentionnellement, voyez-vous. Mais le problème c’est que ses mains sont un petit peu loin, donc je finirai par mordre les tubes et les trucs qu’elle utilise.
Pourquoi ne fait-on pas l’anesthésie pour un détartrage! Non, mais sérieux!
La dentiste va peut être me donner deux secondes pour rincer ma bouche… Waahli!
Mes gencives commencent à saigner grave, ça ne semble pas toucher la dentiste. La couleur rouge est alarmante, hé ho! Waaahyata!
Elle est peut être dégoutée cette fois, et elle m’accorde mes 2 secondes -bl7saab-, le temps de cracher et retourner à la position endure-patient-endure.
Mes gencives continuent à saigner. Je croyais que le détartrage consistait à éliminer le tartre déposé *sur* les dents. Point! Sa3a il faut éliminer le tarte des gencives aussi!
Je voulais bien faire une recherche rapide sur Google avant de sortir, histoire de savoir à quoi je dois m’attendre, mais j’ai fini par mettre ma dernière chanson préférée bel3llali, et j’ai juste filé quand j’étais prête pour sortir. Et la dentiste à son tour n’a pas pris la peine de me dire un peu ce qu’elle compte faire dans ma bouche.
Mes gencives continuent à saigner, toujours. La dentiste arrive à la denture supérieure à droite, celle que -je vous le dis- est directement liée à votre cerveau. Je m’en fiche de vos arguments scientifiques, n’essayez pas de me changer d’avis. Chaque fois qu’elle touchait à une dent de ce côté, la douleur monte de ma dent, à ma joue, au derrière de mon œil -probablement dans le back stage où tout ce que je vois subit le montage-, et nishan à mon cerveau. Je crois même qu’un cheveu chute par message douloureux reçu par mon cerveau, j’ai pas eu le temps de vérifier cette théorie, j’ai encore mal aux dents.
Je fermais les yeux avant quand ça me faisait mal, mais cette fois j’ai gardé mes yeux fermés car ça faisait mal non-stop. Elle a dû croire que ça me plaisait, ou je ne sais pas quoi, car elle a continué encore et encore.
Une larme m’a échappé, puis une cinquième, et une vingt-huitième. Je ne saurais dire comment la dentiste et son assistante l’ont interprété… Non, en fait, elles l’ont pas interprété du tout. On m’a même pas accordé deux secondes pour *essuyer* mon visage, blash ga3 de cracher, houma lli gha yw7lou fiyya.
L’assistante a avancé la pompe à salive un peu trop dans ma gorge. Primo ça m’a dégouté, et secundo j’ai eu le réflexe de vouloir vomir (7ashakoum). J’ai pas vomi, rassurez-vous, mais j’ai réussi à interrompre la torture et avoir mes 2 secondes forcées. Je leur ai fait une 7ala dans leur petit lavabo tout moche be3da. Mzyaan!
Une seconde et quart, l’assistante me demande de m’allonger. Aaaay, ya lateeeef!
Quand j’ai terminé, j’ai lancé à l’assistante malicieusement: Eeewa 3la 7ala drt lik! Elle m’a répondu: Ma kayn moushkil! — QUOI? Tu voulais que ce soit un moushkil? Yak ma tu t’attendais à ce que je t’offre que je nettoie le lavabo par hasard oulla shi 7aja? On sait jamais!
Ma séance a duré 30 minutes. A la sortie, j’ai demandé à la réceptionniste le nombre de séances qu’il me faudra encore. J’ai prié que ce soit pas six, dix ou vingt. J’en sais rien moi! Heureusement, elle m’a dit que j’aurais probablement besoin d’une seule séance supplémentaire, peut être deux ga3. “Car tu viens de faire deux séances à la fois. Normalement nous faisons ça en deux séances, une pour la denture supérieure, et une pour la denture inférieure”. QUOI? Mais qui vous a donné le droit a lalla! Trente bloody minutes de détartrage marra wa7da! Mais vous me prenez pour qu(o)i? — Bien sûr que je lui ai pas dit ça nishan, car je 7shm. Trop même!
J’ai essayé de voir le bon côté des choses -dans un petit exercice psychologique-, et j’ai constaté qu’au moins je n’aurais qu’une seule séance de plus à subir, au lieu de deux.
Mon message aux dentistes: Communiquez avec vos patients! Expliquez-leur ce que vous allez leur faire, pourquoi, combien ça va durer… Accordez-leur de faire un petit signe quand ils ont mal, et donnez-leur le temps de rincer leurs bouches, chaque 5 minutes au stricte minimum. Et surtout, ne vous attendez pas à avoir leurs réponses pour des questions que vous leur posez durant le traitement. Quand on a la bouche pleine de tubes, on perd l’ouïe.
Et surtout, surtout, trouvez un synonyme à “arracher”. On ne dit jamais “arracher une dent” aux âmes sensibles; ni à personne d’ailleurs. Non, “extraire” n’est pas mieux non plus.

